vendredi 6 novembre 2009

LostWinds 2 : rite de passage



Il y a quelques semaines, le développeur Frontier annonçait fièrement que le titre serait le centième à être diffusé via la boutique en ligne WiiWare, étape d'autant plus remarquable que le LostWinds original avait déjà en son temps été l'un des tous premiers. Certes, il s'agit probablement d'une simple coïncidence mais l'idée que la série puisse ainsi rythmer le calendrier de sorties online Nintendo, et donc doucement s'imposer comme le parrain du service, a quelque chose d'extrêmement séduisant. Il y a un an et demi, LostWinds démontrait en effet que les carcans souvent associés à la production de jeux vidéo téléchargeables (limitations de taille, équipe et budget réduits) n'empêchaient pas un peu d'ambition, en l'occurrence la réalisation d'une mini-aventure épique s'abreuvant aux meilleures sources japonaises (l'immense Zelda en tête), alliant un élégant classicisme au toucher unique permis par la Wii, et restant à ce jour l'une des plus belles réussites de l'espace online only Nintendo.

La qualité principale de Winter of the Melodias est d'avoir résisté à la tentation de bouleverser les principes de base pour, au contraire, continuer à creuser le thème numéro un de la série, à savoir les interactions avec les divers éléments naturels (eau, air, feu), une expérience god-like donnant au titre des accents très okamiens. Déjà plutôt astucieux dans l'original, le dispositif se complète ici d'un jeu sur les états aqueux (liquide, solide, gazeux) augmentant la variété et la complexité des énigmes et allant même parfois jusqu'à réinventer l'espace. L'un des centres du gameplay est en effet un nouveau mécanisme permettant de passer quasi-librement de l'été à l'hiver, changeant radicalement la structure des niveaux : lacs et cascades s'immobilisent, ouvrant ainsi des passages supplémentaires ou bien bloquant des accès autrefois libres, imposant du coup au joueur des allers-retours judicieusement choisis.

Mais ce changement de saisons constitue également l'un des principaux ressorts narratifs. A la légèreté (parfois littérale) de l'été, les designers opposent un monde hostile et froid, que le jeune héros Toku doit arpenter le bien souvent en solitaire et en silence. Frontier dote d'ailleurs ce dernier d'une sorte de double maléfique, manière supplémentaire de signifier la fin de la relative insouciance qui caractérisait le premier volet, lorsque tout n'était encore que jeu et expérimentations. Désormais parsemée de dangers réels et d'éléments dramatiques, certains forts (la mise en danger de la cellule protectrice parentale, en particulier), la quête gagne en puissance et finit par prendre des allures de mise à l'épreuve, Toku devant démontrer sa capacité à voler de ses propres ailes. Bonne nouvelle en somme : confronté à l'exercice périlleux de la suite (faire évoluer sans dévaluer, gérer les attentes, etc.), LostWinds a mûri, et de fort belle manière qui plus est, un rite de passage dont Toku et le studio sortent tous deux grandis.

2 commentaires:

Blog a dit…

Je cherche à joindre la rédac du blog

est ce possible ?

u112ci6xhu17gs1@jetable.com

(vous pouvez supprimer ce comment inutile)

emmanuel a dit…

Bonjour,
Est ce que les rédacteurs de feu overgame travaillent sur un autre projet, un autre site?
Comme j'ai lu et apprécié overgame pendant longtemps, j'aimerai bien étre tenu au courant.

Merci